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    James Darle : « Non, ma musique n’est pas uniquement festive »

    En vacances de Salut C’est Cool, James Darle débarque avec un premier album aux mélodies et au nom proches de la perfection : « La Vida Es Una Paella ». L’occasion de parler avec de lui du sens de la vie, du concept de fête et de la gastronomie espagnole.

    Est-ce que, derrière toutes tes pitreries, de Salut C’est Cool au titre de ce premier album, il n’y a pas une démarche plus réfléchie ?

    Il y a deux manières de répondre à cette question : soit, je prétends être totalement sérieux et les gens vont croire que je suis triste ; soit, je dis être dans la blague et je risque de ne pas être jugé à ma véritable valeur. Je dirais donc que l’on peut tout à fait rigoler et chercher à se détendre tout en faisant le nécessaire pour mener à bien ses projets. Les deux peuvent aller ensemble. C’est un peu comme l’allégorie de la caverne : quand tu es dedans, tu es à fond dans ce que tu fais, mais, une fois sorti, quand tu te vois au sein de cette caverne, tu ne peux pas t’empêcher de te moquer de toi-même.

    Tu ne penses donc pas être seulement dans la jouissance pure ?

    Non, ma musique n’est pas uniquement festive. D’ailleurs, je trouve le concept de fête assez galvaudé. J’ai l’impression que, dès que des gens sortent en boîte, c’est pour faire la fête. Sauf qu’ils ne célèbrent rien dans ces soirées-là, même pas la musique, qu’ils subissent plus qu’autre chose. Moi, honnêtement, si je considérais faire la fête à chaque fois que je danse, ma vie n’aurait aucun sens, aha !

    De toute façon, la vie est une paella…

    C’est ça ! À la base, j’avais trouvé un titre bien plus ridicule, mais j’ai finalement gardé celui-ci, que je trouve fort et profond. C’est le sens de la vie résumé en une phrase, finalement, ça donne forcément à réfléchir. Et puis, c’est une réflexion sur cette fausse simplicité dans la musique, cette sensation que l’on a de croire que telle ou telle mélodie est simple alors qu’elle est souvent bien plus complexe quand on cherche à la décrypter. Un peu comme une paella, donc : le plat est très simple à réaliser, mais si tu t’intéresses à la circulation du sang dans le poisson ou aux composantes du petit pois, tout devient plus obscur.

    « Ma musique n’a pas vocation à apporter une solution au réchauffement climatique. »

    Quand tu composes, est-ce que tu te demandes si les gens vont l’écouter chez eux ou en club ?

    Non, c’est surtout le fruit de mes recherches personnelles, une photo de ce que j’ai en tête. Pour être plus précis, je dirais même que c’est un album de voyages dans mon ordi, mon écran et mes différents logiciels. Il n’a pas vocation à apporter une solution au réchauffement climatique, c’est juste moi. Ou plutôt, un trip à l’intérieur de moi dont je suis l’unique guide. Mais bon, comme je ne me connais pas encore totalement, ça reste assez exhaustif.

    Il paraît que tu l’as enregistré à la mer…

    À Majorque, plus précisément, où l’on retourne avec Salut C’est Cool d’ici peu. Ma tante y habite, et c’est bien de sortir de Paris de temps en temps. J’ai un studio en souterrain ici, et, voir le soleil et la mer, ça ne peut pas faire de mal. D’autant que la gastronomie espagnole est excellente, à la fois très simple et très goûtue.

    Tu viens d’évoquer Salut C’est Cool. Pourquoi ne pas avoir enregistré ces mélodies avec eux ?

    Parce que je suis parti un moment à Majorque et parce que c’est compliqué de proposer des morceaux à des potes quand tu as tout composé de ton côté et que les titres sont quasiment finalisés. Y retoucher aurait été frustrant pour eux comme pour moi.

    « On devrait sortir un disque d’opéra avec Salut C’est Cool. »

    Sur le dernier titre, tu promets que « ce n’est pas la fin de la fête ». Qu’est-ce que tu entends par là ?

    En fait, c’est un texte que j’ai chanté à chaque fois que j’ai eu l’occasion de faire un DJ set, soit trois ou quatre fois. J’ai voulu garder ça pour le studio, même si ce n’est sans doute pas la meilleure idée pour qu’un autre DJ place le morceau dans un de ses sets… Mais ce n’est pas bien grave : cet album a surtout été fait pour s’amuser, pour jouer au ping-pong avec tes potes. Il correspond à un moment précis de ma vie, qui est d’ailleurs totalement différent de celui que je suis en train de vivre actuellement. Il faut savoir que je l’ai enregistré il y a peu plus d’un an, donc, forcément, j’ai d’autres obsessions aujourd’hui.

    Lesquelles ?

    Je suis dans une phase où j’écoute beaucoup de jazz, surtout Archie Shepp, Yukihiro Takahashi et Jack DeJohnette, et ça devrait donner naissance à un album d’ici quelques mois, que j’enregistrerai avec un mec du groupe Le Colisée. D’ici là, on devrait sortir un disque d’opéra avec Salut C’est Cool, inspiré des « Indes Galantes » de Jean-Philippe Rameau, mais aussi un mini-album de kicks saturés, plein de distorsions. J’ai eu l’impression de n’avoir rien foutu en 2016, donc je compte bien me rattraper dans les mois à venir.

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