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Les enfants de Blade Runner
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    Stupeflip : « Je ne sais pas si je pourrai continuer… »

    Et si c’était le dernier album du CROU ? Après 4 ans d’absence, c’est ce que laisse supposer la chanson qui clôture le nouvel album du gang hip-hop. Et ce que confirme à demi-mot King Ju, dans un entretien où il explique en détails la genèse de « Stup Virus ».

    À force de vous raconter à travers vos morceaux, on se demande encore pourquoi vous acceptez de donner des interviews… Surtout que le nouveau titre 1993 retrace pour la première fois l’origine du groupe et notamment son nom.

    Bien sûr que tout est vrai et que tout a été dit ! Et même dans l’attitude, la façon de répondre aux journalistes… Je ne voulais pas que les Stups se replient sur eux, mais j’en avais aussi marre de mettre mes tripes sur la table. Moi, je voulais juste continuer à gueuler comme Onyx ou les Beastie Boys.

    Quel a été le leitmotiv de « Stup Virus » ?

    Que chaque chanson tue ? Haha. Bon, en fait, je ne voulais plus d’épopée, seulement des sons parlant d’eux-mêmes, du freestyle plutôt que des histoires. Être dans la forme, les onomatopées, avec la voix qui sert d’instrument… Et puis aussi quelques punchlines, hein, mais à la Bobby Lapointe. Sauf peut-être, ok, sur le titre Understup, qui est un peu le pendant de Stupeflip vite !!!. Ça parle de guerre et ça me tient à cœur, parce que ça me dépasse. Moi, ça fait des années que j’ai le luxe d’être chez moi, mais tu sais, si on gueule avec Cadillac, c’est parce qu’il y a vraiment quelques chose de cassé au fond de nous. Comme Kurt Cobain, le public sait que nous ne trichons pas. Il y a un internaute, l’autre jour, qui a dit : « Stup, c’est pas une secte. King Ju est comme nous. » Ça m’a touché.

    En parlant d’internautes, je suis toujours surpris de l’écho que le groupe a auprès des adolescentes…

    J’ai tout fait pour que ce soit un objet de fantasme ! Cela fait 17 ans que je produis cinq sons par jour… Et Stupeflip couvre quasiment trois générations ! Les filles aiment bien parce que je suis sale dehors et gentil à l’intérieur. Le CROU, ce n’est pas moi, c’est une projection de l’inconscient, seulement une utopie. J’ai vraiment envie de créer un mouvement de la bisounourserie. Et ce n’est pas de la naïveté. Juste un besoin d’amour. Si on gueule, c’est parce que notre souci, c’est la brutalité. Or, le hardcore est un défouloir artistique qui permet justement de ne pas être violent dans la vie.

    « Je vais avoir 50 ans, je suis juste devenu un lucide indépendant. »

    À se demander pourquoi tu continues la musique. Car si l’exercice peut être un exutoire, c’est aussi s’exposer au regard des autres.

    La brutalité du business est dingue ! C’est un rapport de force permanent. Je ne sais pas si je pourrai continuer – d’autant que j’ai un autre projet lié au dessin. Stup, c’est très politique. Bon, sans être Keny Arkana non plus, hein… Enfin, je dis politique : je devrais dire « philosophique » ! Puis, je m’en fous, moi, de la thune. L’argent ne tombe pas dans mes poches pour l’instant, mais dans celles de mon manager. Et on a lancé beaucoup de choses qui coûtent cher. C’est pour ça que je suis extrêmement gêné par cette publicité autour du CROUfunding [Stupeflip a pété le record européen de levée de fond en crowdfunding, 427 000€, ndlr]. Mes parents m’ont élevé en me tapant sur les doigts quand je me mettais en avant. Attention, je n’ai pas honte des gens ! Mais la somme…

    En écoutant le premier single, The Antidote, toute votre mythologie (vocabulaire, personnages…) est déjà en place : comme un bon titre d’AC/DC, dont on connaît déjà la recette, mais que la nouvelle réinterprétation nous donne autant de plaisir… 

    Ah oui ? OK, c’est cool… Pour ce morceau, il y a 70 heures d’écoute non-stop ! J’ai en stock près de 600 sons pour que des titres comme ça ressortent. Rien que trouver l’idée de faire chanter Pop Hip depuis l’enfer ça m’a pris 3 ans. C’est par contre la première fois que je fais du radio friendly et que j’écris en majeur. Il y a des types qui disaient qu’elle avait moins de fond… Je suis d’accord ! C’était le but : jouer sur les consonances à la Akhenaton. Faire un refrain gnian gnian – si si ! – pour que cela reste dans la tête. Je voulais qu’à la première seconde, ça fasse : « Wouah ! » Mais que les gens se rassurent : c’est la chanson la plus positive de l’album. Je tenais aussi, en fil rouge sur l’album, à ce qu’il y ait cette voix synthétique de femme – Ok, c’est Google traduction – avec cette fausse et douce porte-parole qui pète un plomb à la fin. C’était important pour moi et c’est aussi pour ça que ma nièce Colette apparaît sur un featuring. Pour changer, pour calmer les haters aussi ! Donc voilà, nous ne sommes plus des gamins gueulards. Je vais avoir 50 ans, je suis juste devenu un lucide indépendant. C’est le problème des autres, les fils de bonne famille, là. Ils n’ont pas la niaque… Moi, contrairement aux Bérurier Noir, je n’ai jamais eu d’avocat à moi. Les intérêts personnels ? Allez vous faire foutre !

    « Stup Virus » sortira le 3 mars 2017 chez Etic system.
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