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    La petite histoire de KEXP, la plus grande des radios américaines

    Ringarde, la radio ? À regarder le travail de forcené réalisé depuis 1972 par les forçats de KEXP, on rêverait d’un équivalent français de ce qui reste en 2018 la seule radio indie qu’on regarde autant qu’on écoute. Moteur, ça tourne.

    46 ans d’existence. Prononcez « Kayyy-iii-Ex-peeeee ». Si ce nom ne vous dit rien, vous n’avez pas forcément raté votre vie, mais vous avez certainement perdu trop de temps sur internet. Alors que les 10-20 ans n’ont probablement, dans leur grande majorité, jamais vu un poste FM de leur vie, les artisans de KEXP, eux, usinent depuis 1972, année à laquelle quelques étudiants de l’université de Washington, un peu plus câblés que les autres, réussirent à convaincre le département communication de la fac de débloquer un petit budget pour un petit projet.

    Le projet en question, nommé KUOW-FM, c’est une radio libre historiquement tournée sur le rock et qui, à ses débuts, n’émet qu’à quelques kilomètres. De coupes budgétaires en galères, pourtant, la radio perdure et gagne ses galons de « radio libre la plus influente des États-Unis ».

    Soutenue par Microsoft. Alors que la radio étudiante aurait dû fermer ses portes au passage des fondateurs à la vie adulte, KUOW-FM peut alors compter sur un soutien inattendu : celui de Paul Allen, milliardaire connu pour avoir, entre autres, créé Microsoft avec Bill Gates. À partir de là, le célèbre single des Buggles, Video killed the radio stars, semble s’appliquer à tout le monde, sauf à KUOW-FM.

    De Stromae à Fishbach, des Arctic Monkeys à Black Rebel Motorcycle Club, jusqu’à Ty Segall qui y livrera une prestation mémorable en 2016, tous y sont passés.

    Une radio visuelle. Renommée KEXP en 2001, la radio en profite pour déménager à Seattle, berceau bouillant du rock américain, de Seattle à Pearl Jam. Et c’est là que tout bascule : alors que la majorité des vieux acteurs du music biz (presse écrite, tv, radio) voient l’arrivée d’internet d’un mauvais œil, KEXP voit le numérique comme un tremplin, jusqu’à devenir la première radio au monde, en 2000, à se lancer dans le streaming de ses émissions, 24/24, à 128 kilobit par seconde (ça pèse pas lourd, avec le recul). Et dès 2005 (il y a 12 ans !), la radio se lance dans le podcasting des performances d’artistes dans son studio, qui vont devenir sa marque de fabrique.

    Le passage obligé. Et c’est ainsi qu’en 2018, au-delà de sa programmation irréprochable, KEXP est paradoxalement devenue plus célèbre pour l’enregistrement de lives démentiels, tous proposés gratuitement sur sa chaîne Youtube. Est-ce vraiment encore une radio ? Peu importe. Ce qu’on sait, c’est que tout le monde s’y bouscule désormais, parce qu’une session live KEXP, c’est souvent l’assurance d’une médiatisation hors normes, sur le sol américain. Des noms ? De London Grammar à The XX, de Stromae à Fishbach, des Arctic Monkeys à Black Rebel Motorcycle Club, jusqu’à Ty Segall qui y livrera une prestation mémorable en 2016, tous y sont passés.

    Et la radio, qui continue d’être financée en grande partie par les dons de ses adorateurs, poursuit son drôle de chemin DYI, en soutenant toutes les scènes, année après année, époque après époque. Un fantastique travail de musique à l’image qui, pour paraphraser en évoquant le travail réalisé ici en France par Stéphane Saunier, ne pourrait avoir lieu « nulle part ailleurs ».

    Pour tout regarder, pour tout entendre : kexp.org

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